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Ma belle hélice, hélas...
 
 
De la même façon que n'est pas informaticien qui veut, n'est pas mécanicien qui veut ! 
 
Voila, c'est fait. Après de nombreuses péripéties, mon bateau est enfin arrivé au grand large. Il est équipé d'un moteur neuf monté en quelques jours, voire heures.
 
Le vendeur s’occupe de tout, je n'aurais qu'à faire vérifier l'alignement de l'arbre et monter l'hélice quand le transporteur me l'aura livré.
«Un jeu d'enfant », me dit il. « Tu recevras l'hélice, l'écrou et la clavette. Tu poses la clavette, tu sers l'écrou et s'est parti pour la vie, ou presque ».
 
Le bateau est déposé sur ses bers, Juste le temps de le mâter et de poser l'hélice.
Le providentiel livreur m'a amené le précieux colis. Religieusement, j'amène l'objet de mes convoitises jusqu'au port à sec.

Magnifique, je trouve que l'hélice est un magnifique objet, j'imagine la complexité de l'usinage. Simple en visuel mais techniquement très élaboré, voir magique pour le novice que je suis.
Il faut préciser que mon précédent bateau était équipé d'un moteur hors bord. Je sais ce que c'est qu'un arbre mais je n'en avais vus que sous les camions quant à la clavette, j'imagine avec justesse qu'elle permet d'immobiliser l'hélice sur l'arbre.
Je pose la clavette, l'hélice et le boulon qui sert également également d'anode. Tout s'ajuste à merveille. Je suis fier de moi.
 
Conscient de mes limites, je sollicite humblement la vérification de gros bras présents sur le port à sec. Les avis sont unanimes, c'est parfait.

Mon ego n'en arrête pas de gonfler, comme mes chevilles.
Finalement, ce n'était pas si compliqué.
 
Le bateau est remis à l'eau et je rejoins mon nouveau ponton, impatient de ma prochaine sortie. J'en profite, cerise sur le gateau, pour ajuster le serre-étoupe. Je suis devenu un vrai pro de la mécanique.
 
Confiant, je n'hésite pas un instant à inviter un couple d'amis. Première sortie : Direction Nieuwport.
 
Le grand jour arrive. Petit vent, grand soleil, tout ce qu'il faut pour une journée d'essais.
J'enclenche la marche arrière et le bateau, majestueusement cule. Je remonte toujours en marche arrière la haie des pontons « D » et « E ». La manœuvre est un succès, voir un triomphe, je poursuis, ma marche arrière, plaçant l'avant de mon bateau dans l'axe du chenal principal. Tout est parfait.
 
Sans affolement, en complète maîtrise, je mets le moteur au point mort. Quelques secondes et je passe en marche avant. C'est écrit dans tous les livres, « il faut marquer le point mort pour préserver les engrenages ».
 
Le moteur reprend ses tours en douceur.
Étrangement, le bateau poursuit sur son erre, en marche arrière.
 
Mon flegme commence à vasciller. Un soupons d'inquiétude m'envahit. Je manœuvre la poignée de gaz, le moteur répond immédiatement, contrairement au bateau qui lui, poursuit sa marche arrière.
Je manipule la poignée. Point mort, marche arrière, point mort, marche avant : aucun mouvement d'eau à l'arrière du bateau là où l'hélice est sensée œuvrer.
J'ignore encore pourquoi mais il est certain pour moi que mon hélice n'est plus opérationnelle.
 
N'étant plus manœuvrant, je décroche la VHF et informe sur le canal 73 la précarité de ma situation ainsi que le danger potentiel que je représente pour les autres navires pratiquant le chenal.
« Dunkerque VTS » me demande si je sollicite l'intervention de la SNSM.
 
Le bateau poursuit sa dérive vers les montants du chenal, j'arrive, tant bien que mal, à le guider vers une échelle encastrée dans la paroi. Nous nous y arrimons comme nous pouvons. Un frêle pare battage sortie en catastrophe d'un coffre et un bout, nous sommes en sécurité.
Je décline la proposition de « Dunkerque VTS ». Même si nous ne si nous ne sommes pas sortis d'affaire, nous ne représentons plus de danger pour les autres usagers.
 
Et là, une fois encore, le miracle se produit.
Mon appel sur la VHF a été entendu par un canot de pêcheurs, ils me proposent leur aide. Une remorque est rapidement passée. Mes sauveteurs me déposent, délicatement au ponton visiteur et s'en repartent à leur pêche, comme si de rien était.
C'est gratuit, spontané, solidaire.
Même pas eu le temps de les remercier. Les amis, ou plutôt ceux que je pensais être mes amis ne partagent pas ma conviction. Je suis « fermement » invité à mettre à l'eau pour confirmer mon diagnostic. J'ai failli mourir en plongeant sous le bateau mais hélas, j'avais raison. L'arbre, orphelin, a perdu son bel organe propulsif. Je n'ai plus d'hélice.
Invraisemblable. Je ne comprends pas.
 
Je sollicite la capitainerie pour remorquer mon bateau jusqu'à mon emplacement, situé à 3 mètres, de l'autre coté du ponton visiteur. Cette prestation sera effectuée, dans le grand art, en 10 minutes, et facturée...
 
Je raconte à qui veut l'entendre ma mésaventure.
J'ai bien posé la clavette, je l'ai bien repliée sur deux cotés afin de priver l'écrou de toute velléité de se desserrer. J'ai même fait vérifier mon montage par des copains
 
Mon explication suscite instantanément la surprise.
« Mais comment as tu pu plier ta clavette ??? »
Le mystère semble complexe, en tous cas pour moi, un peu moins pour mes interlocuteurs.
 
Les vrais mécaniciens auront compris ma méprise . Ce que j'avais pris pour « La » clavette  n'était en fait que la flasque de fixation de l’écrou. Balot !
De clavette, je n'en avais point.

Par ailleurs, je suis formel, elle n'était pas dans la boîte déposée par le livreur, d'où ma confusion entre flasque et clavette. Je ne me suis pas posé de question, j'avais bien 3 pièces dans le colis livré.
 
350 euros d'hélice, 100 euros de montage et 2 euros de clavette plus tard, le bateau était à nouveau opérationnel.
 
Épilogue : Cette aventure m'est arrivée il y a trois ans, un an après l'incident, je range la table à carte de fond en comble. Un objet me gêne : un petit morceau de feraille de 3 à 4 centimètres de long et de 8 à 10 millimètres de carré...
N'est pas mécanicien qui veut...
 
Christian VIGREUX

Date de création : 23/09/2013 ¤ 16:51
Dernière modification : 21/10/2013 ¤ 11:01
Catégorie : - Récits...
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