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(depuis 20 jours)
Ce récit raconte un incident de navigation qui aurait bien pu être évité et dont l'issue aurait pu être beaucoup rapide...
Mercredi 25 mai, bon vent, beau soleil. Je pars de Dunkerque jusque « Trapegeer », en face de La Panne. Vent arrière, plus que les 2 Bft annoncés, courant également portant, tout va bien.
A la renverse de marée, je reprend la route vers Dunkerque. Courant à nouveau portant et un vent dans le nez qui a bien forci, 4 Bft sans doute avec 5 sous rafales.
Je prends la passe de Zuydcoote, je laisse E11 sur mon bâbord et je vire de bord pour rejoindre, au près serré, E10 que je laisserai sur mon tribord.
A proximité de E10, je vois un zodiac qui remonte son ancre. Le Zodiac est maintenant complètement dans le chenal. Pas bien. J'opte pour passer derrière lui, entre le Zodiac et la bouée E10.
Je vois 2 autres Zodiacs à proximité de E10, à l'extérieur du chenal, sur sa droite, mais très proches de E10.
Le courant me fait dériver doucement, le bateau tient son cap, ça peut passer.

Le courant est plus fort que prévu, je dois passer derrière E10, à raz.
Pas grave, j'ai un peu d'eau avant le banc de sable.
A la hauteur de E10 je me retrouve nez à nez avec l'un des deux zodiacs . Surprise. Pas bon, mon attention était focalisée sur le premier pêcheur, j'ai négligé l'autre groupe masqué par mes voiles...
Le pêcheur et moi même ne pouvons rien faire. Je ne vais pas très vite, le contact n'est pas violent.
Par contre... mon bateau reste au contact, il ne glisse pas comme je l'avais imaginé sur le boudin du Zodiac. Je suis pris dans son mouillage !
Jurons, colère et mauvaise humeur n'y font rien.
Si le pêcheur est en effet hors du chenal, son mouillage, je l'apprendrai plus tard, est à plus de 30 m de là, en plein milieu du chenal.
Quelque soit la trajectoire que j'aurais prise, je me le serai « mangé ».
J'affale en catastrophe mes voiles. Grrrrrrrr....
Le pêcheur essaye de remonter son ancre : Rien
Je mets une rallonge pour donner du mou et laisser passer le mouillage sous la bateau : Rien
Je prend le mouillage au winch de mon bateau et demande au Zodiac ainsi libéré de me faire pivoter : Rien
J'appelle les autres pêcheurs à plusieurs reprise : rien.Personne ne bouge, complètement ignoré.
Le pêcheur, fataliste devant mon incompréhension m'explique : « ce sont des Dunkerquois». Je suis aussi estomaqué qu'en colère.
Ni le premier pêcheur en plein milieu du chenal, ni le troisième pêcheur à moins de 10 mètres, pas plus qu'un troisième Zodiac qui arrive avec 2 passagers équipés de combinaisons ne répondent à mes appels.
Le pêcheur, objet de la collision met son bateau à couple et monte à mon bord, nous tentons de remonter le mouillage au winch : Rien.
Je ne comprends pas comment est pris le mouillage, ce ne peut pas être dans la quille, en me faisant pivoter, j'aurais libéré le mouillage. Je dois être pris juste par le safran. Le mouillage a dû glisser sur la quille et se reprendre sur le safran, voire l'hélice ! Pas bon, inutile de plonger, vue la force du courant et du vent, je ne pourrais rien dégager sous le bateau.
En tâtant mon couteau dans la poche, j'ai comme une idée...
Le pêcheur doit lire dans mes pensées, il insiste pour récupérer son mouillage...
Je regarde derrière le bateau pour vérifier l'état de mon safran et je vois le bout que j'ai ajouté à 1,5m sous l'eau, de l'autre côté du safran. Si j'arrive à l'attraper, je pourrais libérer le morceau pris autour du safran.
Je cours à ma gaffe, j'attrape le bout mais la tension est trop forte pour pouvoir le remonter complètement. Juste assez pour lui faire affleurer l'eau. Si je tire plus fort, le crochet s'arrachera.
J'appelle une n ième fois les bateaux à proximité. Enfin, l'un deux daigne interrompre sa partie de pêche, c'est celui qui était au milieu du chenal. C'est la moindre des choses...Il est temps.
Après quelques échanges, j'indique qu'il faut récupérer le mouillage depuis ce Zodiac. Je ne l'aurais pas fait comme il l'a fait mais peu importe, l'ancre est finalement remontée sans le mouillage. Le bateau est enfin libéré et … file vers le banc de sable. Nous sommes à marée basse, pas bon du tout.
Mon pêcheur toujours sur mon bateau ne demande pas son reste, il ramène son mouillage, d'environ 30 à 40 m. Le bateau continue de dériver. Dès que le mouillage amené, je lance le moteur et avec difficultés, je remonte le courant au moteur.
Le pêcheur n'est déjà plus là. Il a rejoint son canot, largué l’amarre. Pas un signe, pas un au revoir...Quant à un merci...
Je repasse du bon côté de E10, je prends un peu d'espace et je remonte mes voiles, j'arrête le moteur. Je me retourne, pas de signe.
Tout semble fonctionner correctement, hélice et moteur.
Je ne ferai pas de généralité, je me souviens en particulier d'un pécheur qui s'est dérouté, il y a un an pour me sortir d'une bien vilaine situation dans le chenal de port de Dunkerque alors que j'avais perdu mon hélice, mais je dois bien dire que je suis tombé hier sur une belle bande d'andouilles (pour rester poli).
Entre mouiller son ancre au beau milieu d'un chenal, laisser un marin dans la mouise sous prétexte qu'il n'est pas Dunkerquois, ou comme l'a évoqué un ami à mon retour au port, C'est parce que tu es voilier et non pas moteur, on est limite inconscience.
Heureusement, ce type de situation est suffisamment rare pour que je la dénonce comme une exception.
Je rappellerai simplement la chose suivante : La mer est à tous le monde, pour qu'elle le reste, il faut respecter au minimum 3 choses :
  • Le code de navigation
  • L'esprit de solidarité
  • Le bon sens
A bon entendeur...Salut
Christian Vigreux
Lumière d’Étoiles


Date de création : 26/05/2011 ¤ 20:18
Dernière modification : 24/09/2013 ¤ 10:34
Catégorie : - Récits...
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Réactions à cet article

Réaction n°1 

par cepheides le 26/05/2011 ¤ 22:56
Merci Christian pour la narration de cette "fortune de mer" qui, heureusement se termine bien. Un conseil valable pour nous tous .... relever l'immatriculation du zodiac ou du bateau en question. La solidarité ne peut pas et ne doit surtout pas être un vain mot.

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