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Shenandoah - article 15

Vendredi 15 août : Petit lever à 6h15 pour attraper le courant et trouver une place à Norderney, notre destination d’aujourd’hui. Le capitaine s’agite dans son lit en entendant les hélices de ceux qui ont mis la barre plus tôt que nous. Nous prenons le temps de préparer quelques tartines, ce sera probablement difficile en navigation. Les prévisions inquiétantes des jours précédents, qui ont été revues à la baisse, nous promettent quand même un vent de force 5, de face, bien sûr. Le capitaine large les amarres à 7h, et nous commençons à descendre l’Elbe avec plus de 3 nœuds de courant. Nous avons tous les deux enfilé nos bottes, notre ciré complet, et un petit pull supplémentaire car la température est à la baisse. Finalement, la traversée ne sera pas trop pénible, du moins sur le pont ; sur certains bords, nous roulons beaucoup, mieux vaut être dehors ; quelques averses courtes mais violentes et de longues plages ensoleillées se succèdent ; à 10 milles de Norderney, nous pouvons dérouler le génois qui nous fait gagner près d’un demi nœud… et beaucoup de confort. Nous arrivons à  la marina vers 18h, et trouvons une des dernières places à quai ; deux bateaux de hollandais sympathiques viendront s’accoupler. Aujourd’hui est un grand jour pour la capitaine qui a gagné un an ; nous allons bien entendu fêter cet évènement au restaurant de la marina, et, après une douche bien méritée, rentrons nous coucher tôt.

Samedi 16 août : Autour des îles de Frise, et entre les îles et la côte s’enchevêtrent des bancs de sable de faible profondeur, certains affleurant à marée basse. Les quelques chenaux traversant ces bancs sont très étroits, praticables seulement à marée haute, et passent en général sur des zones affleurantes ; le balisage (pas toujours classique) doit être suivi à la lettre, et change régulièrement dans les zones à fort courant, ce qui rend les cartes peu fiables. Nos voisins rentrent en Hollande par un tel chenal qui mène de Norderney à L’Ems en passant entre les îles et la côte et permet de rejoindre Delfzijl, un port hollandais sur la rive gauche du fleuve, en une étape ; ils nous proposent de les accompagner. Cette option nous parait à la fois plus sure et plus confortable que notre projet initial, c'est-à-dire une première étape vers Dokkum, par l’extérieur des îles, avec des vagues de 2m, suivie d’une remontée de l’Ems vers Delfzijl par vent de force 7 le lendemain. De plus, l’option « intérieure » met notre heure de départ vers 13h, ce qui nous permet une grasse matinée après deux longues étapes. Le matin, les sauveteurs ramènent un bateau qui a dérivé sur un banc et dont la quille est passée au travers de la coque en tapant dans les vagues. Nous larguons les amarres à 12h30, et suivons deux bateaux qui connaissent la passe (l’un d’eux cale à 1,8 m, c'est-à-dire 10 cm de plus que Shenandoah). En traversant le chenal entre Norderney et Juist (l’île suivante), nous rencontrons effectivement des vagues de deux mètres ; la mer se calme sensiblement dès que nous sommes à l’abri de Juist. Après 4 milles de navigation, nous traversons une première zone affleurante de 1 mille avec une hauteur de marée de 2m ; les balises sont des arbustes, qui doivent être suivis de très près ; nous nous éloignons un peu et touchons deux fois le sable; un de nos compagnons de route prend une balise du mauvais côté et se plante, mais arrive facilement à se dégager. Suivent 5 milles de zigzag entre les bancs, et nous nous retrouvons en eau profonde, sur un bord plus ou moins rectiligne de 6 milles, que nous parcourons à la voile. Un mille plus loin, nous atteignons une deuxième zone affleurante de 1 mille ; nous sommes exactement à marée haute, avec 3m d’eau, et gardons 1m sous la quille. Encore 1 mille en eau peu profonde, et nous arrivons dans l’Ems, que nous remontons à la voile jusqu’à Delfzijl ; au milieu du fleuve, nous échangeons le pavillon de courtoisie allemand par le hollandais. La pluie, qui nous a oubliés depuis notre départ, se déchaine à notre arrivée à Delfzijl. Il est 19h30, après le verre de l’amitié sur le bateau de notre « guide », nous mangeons rapidement et nous mettons au lit, à l’abri du vent qui commence à se déchainer.

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Dimanche 17 août : Nous partons pour une courte étape à travers les canaux vers Groningen, que nous comptons visiter demain. La tempête qui sévit en mer est à peine perceptible sur les canaux, mais pas la pluie. Après avoir passé une écluse et cinq ponts, nous nous amarrons à Groningen pour deux nuits, tandis qu’une vingtaine des bateaux qui nous accompagnaient traversent la ville en convoi, pour rejoindre leur port d’attache par les canaux.

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Lundi 18 août : Voici l’occasion de sortir nos vestes imperméables du fond de la penderie : on prévoit de la pluie pour toute la journée ! Tous les hollandais affirment que la visite de Groningen est un must … et nous ne pouvons que les approuver, malgré le ciel gris et la pluie, et malgré la fermeture de l’office du tourisme et des commerces le lundi matin. La ville encerclée de canaux possède beaucoup de beaux bâtiment anciens, un quartier hanséatique (et oui ! encore un) un centre ville animé (du moins, l’après midi !) et une université ; en ce jour de rentrée académique, des étudiants circulent à pied ou à vélo en trainant leur valise tandis que d’autres prolongent la guindaille d’accueil de la veille. Nous profitons de notre passage en ville pour remplir le frigo : sur la place du marché au poisson, un supermarché d’une grande enseigne hollandaise s’est installé dans l’ancienne halle aux grains, coiffée d’une superbe verrière. Entre les averses, quelques rayons de soleil nous permettrons de profiter de notre visite.

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Mardi 19 août : Notre journée commence par la traversée de la ville par les canaux, en compagnie d’une dizaine d’autres bateaux. Les canaux sont étroits, les distances entre les ponts sont courtes, et les skippers rivalisent d’ingéniosité pour éviter les collisions en attendant leur ouverture. Nous avons tout le loisir  d’admirer au passage les bâtiments que nous n’avions pas pu voir hier, notamment la façade ultra moderne du Groninger Museum (musée d’art contemporain). Suit un long parcours à travers la campagne frisonne, agrémenté  d’une succession de ponts et d’écluses à franchir, d’averses et de plages ensoleillées, de la traversée de la petite ville de Dokkum, des sabots envoyés par les pontiers pour collecter les droits de passage, et finalement, l’amarrage à un ponton à quelques milles de Leeuwarden, dont les ponts sont au repos jusqu’à 9h, demain matin. C’était notre plus longue étape depuis le départ, la plus humide, et probablement la plus froide : le thermomètre n’a pas dépassé 16 degrés.

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Mercredi 20 août : Nous sommes devant le premier des 10 ponts de Leeuwarden à 9h, et entamons le tour de la ville avec un peu de soleil ; à bâbord, un superbe parc, à tribord, les jolies maisons ; à la sortie du centre ville, un pont à bascule qui soulève un morceau de la route pour nous laisser passer ; puis une zone industrielle, et nous passons le dernier pont de Leeuwarden à 11h15. Aujourd’hui, le suspense est assuré par un pont en travaux, qui ne s’ouvre que toutes les heures ; le coup de fil au « help desk » mentionné sur les panneaux ne nous donnera pas d’information supplémentaire, la personne qui répond au téléphone n’est « pas au courant ». A 13h55, le capitaine piaffe d’impatience devant un pont de chemin de fer qui tarde à s’ouvrir, un demi-mille avant le pont en travaux ; dès qu’il peut passer, il met les gaz à fond, et arrive à temps pour l’ouverture du pont suivant, retardée de quelques minutes. L’équilibre averses / éclaircies est plutôt en faveur du soleil aujourd’hui, et nous avons regagné 2 degrés. Nous nous amarrons en fin d’après-midi au milieu de la petite ville de Lemmer, au bord de l’Ijsselmeer.

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Jeudi 21 août : Journée de shopping et repos à Lemmer ; la température ne dépasse toujours pas 18 degrés, nous avons droit à un peu de soleil. L’après-midi, un marché s’installe le long du canal, nous en profitons pour acheter un turbot qui nous régalera ce soir.

Vendredi 22 août : La pluie a commencé à tomber doucement pendant la nuit, elle s’intensifie à notre lever, et ne nous quittera qu’après 16 heures. Une étape longue et froide nous conduit à Amsterdam, à travers l’Ijselmeer et le Markermeer.  Le vent souffle fort le matin (de face, bien sûr), et les vagues sont méchantes ; après le passage de l’écluse de Enkhuizen et l’entrée dans le Markermeer, nous sommes moins secoués, mais arrivons dans l’Ij transis de froid. Nous décidons d’essayer la nouvelle marina d’Amsterdam, sur la rive droite de l’Ij, loin de tout, mais très confortable ; nous prenons avec délice une longue douche chaude et allons nous coucher tôt.


Date de création : 02/09/2014 ¤ 11:52
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