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Episode 14

Jeudi 7 août : Nous quittons la marina de Warnemunde, et longeons quelques vieux gréements qui vont participer au festival « Hanse Sail 2014 » le week-end prochain. Nous mettons le cap sur Travemunde, à l’embouchure du fleuve Trave (qui l’eut cru ?), l’ancienne frontière entre l’Allemagne de l’Ouest et l’Allemagne de l’Est. Le vent nous permet de hisser les voiles, et avancer au travers pendant une bonne heure; il s’épuise, mais se réveille plus tard pour nous offrir un bord de près dont nous profiterons jusqu’à son dernier souffle ; puis, le ronronnement du moteur nous bercera jusqu’à la fin de l’étape. Le soleil est caché derrière les nuages, et une petite veste nous tient au chaud à la barre. Un peu de brume vient parfois grignoter la côte, et quelques gouttes froides nous surprennent de temps en temps. Nous arrivons à Travemunde en fin d’après-midi. Sur la rive gauche (ouest) du fleuve, les bateaux de pêche, les voiliers, les bateaux moteurs et les bateaux de promenade s’empilent pêle-mêle, le long des quai, ou sur des pontons ; il n’est pas facile à première vue de distinguer où sont les places disponibles pour les « passants » comme nous ; les marinas recommandées par les guides nautiques sont loin de la ville, en amont du fleuve ; nous choisissons une place libre au hasard, plus près du centre ville, et atterrissons dans une extension du port de pêche, destinée aux passants.

Vendredi 8 août : Nous terminons notre programme de visites des villes hanséatiques par Lübeck, que nous rejoignons en bus, suivant le conseil du capitaine de port. Située sur la rive gauche du fleuve, elle faisait partie de l’Allemagne de l’Ouest avant la réunification. La vielle ville est beaucoup plus étendue que celles que nous venons de visiter, et les bâtiments anciens plus éparpillés ; la plupart sont de style gothique, dans les traditionnelles briques rouges, et richement décorés, en particulier la porte « Holstentor » en face d’un joli parc, le grenier à sel, l’hôtel de ville sur la grand place, l’hôpital « Heiligen Geist », un des premiers hôpitaux gothiques d’Europe, et, bien sûr, la cathédrale et les multiples églises. Il nous semble cependant que tous ces bâtiments sont moins bien mis en valeur qu’à Rostock et Wismar… et nous avons parfois une désagréable impression d’exploitation du touriste.

Samedi 9 août : Après avoir acheté une grosse plie aux pêcheurs, nous hissons les voiles (avec deux ris) pour sortir de la baie de Lübeck, passer sous le pont du Fehmarnsund qui relie l’île de Fehmarn au continent, et rejoindre Heiligenhafen, notre prochaine étape. Nous déroulons une partie de génois, que nous réduirons encore en quittant le fond de la baie. Nous avançons bien, au grand largue, dans une mer hachée par le vent de la veille ; on est mieux sur le pont que dans la cabine. Après une heure, nous abattons et le vent adonne : la grand voile dévente le génois, nous l’affalons et déroulons tout le génois qui nous portera jusqu’à l’entrée du chenal d’Heiligenhafen. Après une petite sieste à l’arrivée, il est l’heure de vider et mettre en filet le poisson qui nous attend au frigo ; le capitaine le préparera avec une sauce moutarde, et nous nous régalerons dans le confort du carré.

Dimanche 10 août : Dès la sortie du chenal d’Heiligenhafen, nous hissons le génois, et un petit vent nous pousse doucement vers l’est, au grand largue. Aujourd’hui, la mer est calme, et le soleil perce les nuages. Nous résistons à la tentation de hisser la grand voile, sachant que le vent va adonner (et la voile va déventer le génois, histoire connue), et surtout va forcir. Bonne décision ! Cinq heures plus tard, nous approchons du fjord de Kiel où nous comptons passer nos deux dernier jours en baltique ; le vent est passé de 12 à 22 nœuds, et vient pratiquement de l’arrière. Il forcit encore, et après une rafale à 32 nœuds, le capitaine suggère de réduire la toile. L’arrivée à l’ « Olympia Marina » de Schilksee, sur la rive ouest du fjord de Kiel, est plutôt sportive ; heureusement, nous avons trois places libres (nous choisissons celle du milieu) pour manœuvrer et régler les amarres ; l’eau du port n’est pas trop froide pour aller chercher à la nage l’extrémité tombée à l’eau ; reste à croiser les amarres arrière, avec l’aide efficace des winchs, manœuvre au cours de laquelle une abeille téméraire pique le capitaine (il râle). Finalement, le bateau est parfaitement amarré, le vent peut encore forcir cette nuit, comme prévu.

Lundi 11 août : Nous avions prévu deux jours de « réserve météo » pour le trajet jusqu’à Kiel, et on annonce effectivement du vent de 6/7 Beaufort pour deux jours. Aujourd’hui sera un jour de repos complet, l’Olympia Marina est un centre de régates important… loin de tout. La galerie marchande, dont nous avons vite fait le tour, se limite à quelques shipchandlers, des magasins de vêtements sportifs, un voilier, un café, un restaurant, et une toute petite supérette dont la fraicheur des quelques légumes laisse à désirer, et qui vend essentiellement des boites à conserve : les sportifs ne sont probablement pas intéressés par la grande cuisine à bord. La ville la plus proche nous paraît trop loin pour nos jambes. Même forcé, le repos est toujours agréable…

Mardi 12 août : Bye Bye Baltique… Nous décidons d’entamer la traversée du canal de Kiel, et de nous arrêter un jour à Rendsburg qui offre plus d’attrait que l’Olympia Marina. Sur papier, la météo ne semble pas s’arranger, mais à première vue, la mer est calme, et l’entrée du canal n’est qu’à quelques milles à l’intérieur du fjord. Le vent de 20 nœuds (de face) qui nous accueille à la sortie de la marina diminue progressivement jusqu’à 6 nœuds. Une des écluses professionnelles du canal s’ouvre à notre arrivée. Nous amarrons sans problèmes en compagnie de cinq autres plaisanciers, et regardons les portes de la Baltique se fermer derrière nous avec un petit pincement au cœur. Nous enfilons le canal, pareil à lui-même ; au rayon des attractions, nous dépassons un ancien brise glace dont la machine à vapeur, au charbon crache une épaisse fumée noire. Le vent très modéré nous offre de temps en temps quelques rafales de 16 à 20 nœuds, par exemple quand nous empruntons le chenal qui mène à Rendsburg (nous nous inquiétons un peu pour l’amarrage), par exemple lorsque nous tournons dans la marina à la recherche d’une place (le stress monte), par exemple quand le capitaine dirige Shenandoah vers la place choisie… et le vent s’essouffle pour quelques instants : nous entrons doucement dans la place, frappons les amarres arrières aux poteaux en bois et les amarres avant au ponton, croisons les amarres arrières selon la procédure connue, tout cela dans le calme et la sérénité. Le soir, le port est plein…, le resto aussi : heureusement, nous avions réservé dès notre arrivée.

Mercredi 13 août : Nous voulions un peu de vent ? Il semble que nos désirs s’exhaussent ! Les météo annoncent toutes une semaine de tempête en mer du Nord. Hier soir, dans le petit salon de la marina, un groupe de hollandais stressés écoutait avec attention un guru équipé d’une tablette Androïd, affichant des flèches rouges (vent fort) ; la conclusion du guru était la même que celle du capitaine de Shenandoah, dont le téléphone (Androïd) est équipé du même software: vent très fort jusqu’à mardi prochain, avec une « petite fenêtre » vendredi et samedi. En attendant, nous découvrons Rendsburg où nous nous arrêtons pour la quatrième fois ! Une visite au supermarché (à 400m) nous permet de faire le plein du frigo, et nous passons l’après midi dans la « vielle ville » (à 800 m) à admirer les monuments anciens et profiter de l’ambiance sympathique et même ensoleillée.

Jeudi 14 août : Départ matinal après un plein de mazout, nous devons sortir du canal à temps pour profiter du courant descendant dans l’Elbe … et espérer trouver une place au port de Cuxhaven, qui abrite probablement déjà beaucoup de bateaux en attente d’une météo plus clémente. La journée monotone oscille entre pluie et soleil, le vent de face ne nous empêche pas d’avancer. Un bateau de croisière de 200m de long, le « Boudicca » (port d’attache : Nassau, destination Liverpool) nous dépasse ; sa proue élégante, très pointue et sa poupe arrondie nous laisse supposer qu’il n’est pas tout neuf ; effectivement, il a plus de 60 ans. Nous le retrouvons à l’écluse de sortie du canal ; il entre le premier et s’amarre lentement, puis les plaisanciers remplissent l’espace restant. Au moment où s’ouvrent les portes de sortie, un coup de vent et une averse viennent assombrir l’horizon ; nous ne voyons presque rien ! De plus, le courant est maximum dans l’Elbe… montant (à contre pour nous). Nous avançons à 3 nœuds. Par contre, nous arrivons à temps à Cuxhaven pour trouver une place libre au ponton.


Date de création : 20/08/2014 ¤ 10:29
Catégorie : - Grands Voyages
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